Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /Fév /2009 22:30

                               «Pour une Algérie forte et sereine.»                               




                    « L’Algérie n’est pas une simple expression géographique mais plutôt un programme d’action et une philosophie politique. »

                                                              [Houari Boumediene]

 

          Une fois élu, le Président Bouteflika fit son premier discours lors de la cérémonie de prestation de serment.

          Voici, pour rappel, le contenu intégral de ce discours.


 

 

« Au Nom de Dieu, Le Clément et Miséricordieux,

Monsieur le Président,       

Je vous remercie des félicitations que vous m'avez adressées et  des vœux que vous avez bien voulu former à mon endroit pour l'avenir  de l’Algérie.

Je voudrais, pour ma part, rendre hommage, en votre  personne, à un grand patriote qui a eu à assumer les pouvoirs de la  République en des heures particulièrement sombres de la vie du pays,  menacé alors dans l'existence même de son Etat national.

Sous votre  conduite, Monsieur le Président, l’Etat a pu écarter le spectre de  l'effondrement, annoncé ici et là, réoccuper de nombreux domaines  dans le champ de sa responsabilité, améliorer de manière  significative la situation sécuritaire du pays et renouer avec la  légalité constitutionnelle.

Le processus que vous avez engagé en  1995, nous l'avons encouragé et soutenu car nous sommes convaincus, comme vous, que c'est dans la voie de la démocratisation et de  l'instauration de l’Etat de droit que se situent la sortie de la  crise et la fin des épreuves que nous subissons.

A cet égard  l'histoire retiendra, Monsieur le Président, qu'en faisant tenir, avec un  souci extrême d’impartialité et de transparence, des élections présidentielles anticipées auxquelles vous n’étiez pas candidat, vous avez contribué, en dépit de vaines péripéties politiciennes, à une  avancée déterminante de la culture et des principes démocratiques au  sein de la Nation.      

Mesdames, messieurs,      

Au moment où je prends mes fonctions de Président de la  République, de par la volonté libre et définitivement souveraine du  peuple algérien, c'est un sentiment de profonde gravité que je  ressens. Car je mesure pleinement l’immensité des attentes et des  besoins du pays, comme je mesure l'importance et la difficulté des  écueils qui se dressent encore sur la voie du renouveau national. 

Le plein rétablissement de la paix civile et  l’élimination de la violence dans les actes et dans les esprits sont  les objectifs prioritaires de toute politique qui réponde aux vœux  profonds de la nation.

Dans ce cadre, je veux affirmer nettement que  la sécurité des personnes et des biens est la responsabilité  essentielle de l’Etat, qui ne saurait tolérer, en aucune  circonstance, les atteintes à son égard, et qui doit mettre en  œuvre, les moyens, tous les moyens sans exception, dont il dispose  pour s'opposer aux actes terroristes et ses supports   pour les  réprimer conformément à la loi.

Mais, parallèlement, les pouvoirs publics se doivent de rechercher les conditions du dépassement des causes qui, ayant pu contribuer directement ou indirectement à  l’émergence de tels comportements abominables, continuent de  favoriser leur perpétuation.      

Toutes les forces politiques et toutes les bonnes volontés, tous ceux qui voudront prendre conscience des exigences qu'impose la vie  en commun dans la Patrie commune, tous ceux qui conviennent de  l’impérieuse nécessité de tourner une page douloureuse de notre  histoire et d'assumer avec responsabilité les séquelles d'une  tragédie collective dont les algériens seuls, et surtout les plus  humbles, acquittent le tribut, doivent pouvoir s'associer à l’œuvre  de restauration de la concorde civile à laquelle s'attachent tant  d'enjeux vitaux pour la Nation, et à contribuer, ainsi, chacun à la  mesure de son influence et de ses moyens, à exorciser les démons de la  division et de la violence pour consolider les bases du nouveau  départ, fondé sur le respect mutuel des convictions, la compétition  pacifique des idées et des programmes, la garantie des droits  constitutionnels intangibles aux libertés publiques et individuelles.

Pour ma part, je m'engage, dans un esprit de large  rassemblement, à ne ménager aucun effort dans le cadre de l'exercice  de mes prérogatives pour favoriser, sans arrière-pensée ni prévention  d'aucune sorte, la convergence des efforts que dictent les objectifs  vitaux d'une politique nationale, exclusivement nationale, de paix, d’ouverture au progrès et de construction démocratique.      

Construire le projet démocratique, c'est aussi œuvrer à  redonner leur légitimité profonde aux institutions de l’Etat dont le  discrédit, du fait des pratiques malsaines et des dérives de tous  ordres, a affaibli la conscience civique au sein de la Nation et  contribué, essentiellement, à précipiter la crise aux multiples  aspects que nous vivons.      

Assurer concrètement la protection du citoyen contre tous les  abus d'où qu'ils viennent, établir dans les faits le principe de la  primauté de la loi et de l’égalité absolue devant elle, assurer que  seuls le mérite et l'effort vaudront l’élévation et la considération  sociales, garantir l’égalité des chances pour tous les citoyens, assurer l’impartialité de l'administration et la qualité des  prestations de service public, consacrer des mécanismes objectifs  pour la promotion des compétences et offrir à celles-ci le cadre  adéquat à leur pleine expression, créer les conditions d'un contrôle  ferme et efficace pour concourir à l’élimination des gaspillages et  des détournements des moyens de la collectivité, tels sont les  principaux objectifs du vaste dessein dont la mise en œuvre  conditionne le retour de la pleine confiance dans les institutions  étatiques et permettra de donner pertinence et pleine efficacité aux  actions publiques de développement économique et social.

J’œuvrerai à sa réalisation avec détermination et intransigeance, convaincu que la  réhabilitation, la moralisation et la rénovation de l’Etat portent en  elles la réponse aux revendications fondamentales de la société pour  la justice, la dignité, la solidarité dans l'effort et les sacrifices. 

Mesdames, messieurs,      

Dans un monde où le rythme des mutations et du progrès technique  est fortement accéléré, l’Algérie se doit de se doter des moyens de  s’intégrer à ce mouvement général dans la préservation de son génie  propre et de ses intérêts nationaux, sauf à sacrifier, dans une  passivité inconsciente et suicidaire, ses chances de progrès dans un  premier temps, son identité nationale et son indépendance ensuite.      

Cette nécessité requiert, au premier chef, l'adaptation du système d'enseignement qui doit s'ouvrir davantage sur le monde, ses  évolutions et ses exigences.

Elle requiert, dans le même ordre de  priorité, le renforcement des conditions favorisant le développement  et la valorisation des talents et des compétences, l'expression  libre, l’échange et le débat d’idées, terreau sur lesquels, seuls, peuvent éclore la création intellectuelle et la capacité scientifique  et technique qui constitueront dans le monde de demain les seuls  remparts efficaces contre l’inféodation totale des nations.      

La même exigence d’évolution et d'adaptation s'impose à nous  dans l'ordre de l’activité économique.

Les graves difficultés que  nous connaissons en ce domaine - qui se traduisent par tant de  frustrations et tant de souffrances - ont eu des causes diverses dont  il n'est pas le lieu de revenir sur les tenants.

En tout état de  cause, le travail, la rigueur et l'effort se sont trouvés gravement  déconsidérés comme valeurs dans la société et comme principes dans la  gestion des activités de la nation.

Là se situe le mal essentiel. Là réside l'obstacle majeur à la  pleine expression de nos ressources et de nos capacités. Il nous faut  tous, impérativement, prendre conscience de cette réalité et nous  convaincre que seule la réhabilitation du travail et du mérite  pourront donner leur plein sens et leur efficacité aux actions,  incontournables par ailleurs, visant à la rationalisation et à la  consolidation du cadre organisationnel de l’économie, à la restructuration du secteur public et à sa redynamisation, à la promotion de l'investissement privé et à sa réorientation vers les  activités productives, à la conquête de nouveaux espaces pour notre  agriculture et à sa modernisation.      

C'est ainsi, seulement, que nous pourrons nous dégager d'une  dépendance aliénante vis à vis des ressources énergétiques, c'est  ainsi que nous pourrons nous hisser à la hauteur des exigences de la  mondialisation et éviter que cette nouvelle configuration des relations économiques internationales ne constitue seulement, pour  nous, un handicap supplémentaire et un facteur de régression.      

C'est précisément au plan des relations internationales que nous  ressentons dans notre dignité collective les dommages causés par  l'affaiblissement de l’Etat, par la perversion de la conscience  nationale et par la discorde civile.

Aussi, est-ce en manifestant  clairement notre volonté de trouver ensemble, entre algériens la  solution de nos problèmes et celle d'assumer solidairement notre  destin collectif que nous permettrons de soutenir plus fermement sur  la scène internationale notre droit, si chèrement conquis, à la  souveraineté totale et au respect, et de revendiquer la part, toute  la part qui nous revient - de par nos ressources potentielles, notre  situation géostratégique, l'exemple qu'a constitué notre guerre de  libération et notre rôle dans l’émancipation du tiers monde - dans  l’élaboration et la mise en œuvre des politiques visant à la paix, à  la stabilité et à la coprospérité dans les espaces régionaux et les  ensembles auxquels nous appartenons.

Mesdames, messieurs,      

Le salut national dépend de nous et nous avons la responsabilité  de le réaliser, de le réaliser seuls, et d'en accepter le prix dans le  cadre de la consolidation de l’Etat national, du renforcement des  Institutions de la République et de la promotion des libertés  démocratiques.      

Quant à notre place dans le monde qui se redessine, c'est tout  naturellement en nous d'abord, et dans cette capacité à surmonter nos  épreuves que nous pouvons l'affirmer.      

Les voies du rétablissement et du renouveau existent, mais des  taches immenses nous sollicitent afin de les déblayer. C'est pourquoi,  au nom du peuple, grâce à lui et pour lui, j'appelle tous les fils  de la Patrie Algérie, Patrie de tous les algériens, à prendre leur  part à cette vaste entreprise  sans quoi ils ne peuvent prétendre à  devenir maîtres de leur destin quelles que soient les promesses. 

L’Algérie a des potentialités réelles. Elle a l’immense réserve de  vitalité de sa jeunesse. Elle sera ce que nous voudrons qu'elle soit,  elle peut être forte et prospère.

C'est à tous les Algériens, par  l'union, par l'effort et par la rigueur, de mériter l'avenir  auquel nous aspirons. Il ne peut y avoir d'avenir que par notre volonté  et notre mérite.      

Monsieur le Président, Excellence, mesdames, messieurs, je vous  remercie.

Vive l’Algérie. »

 

                      Cérémonie de prestation de serment (Alger, Mardi 27 Avril 1999)

 

Par houari - Publié dans : Politique
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 20:26


                             « Pour une Algérie forte et sereine »

 

« La politique ne se résume pas au choix d’un candidat aux élections, c’est une manière de vivre. »

                                     [Constantin Costa Gavras]










Mesdames, Messieurs, 

 Je vous remercie chaleuresement pour votre présence et je m'excuse particulièrement auprès des frères et des compagnons qui n'ont pas pu être parmi nous. Il était prévu que mon frère et ami Said Abadou me présente, mais par modestie, il a tenu à représenter l'ensemble des partis politiques, organisations de masse et nationales, le patronat et la société civile. Qui de mieux pour vous représenter et être votre porte-parole que le secrétaire général de l'organisation des Moudjahidine.    

 Mesdames, Messieurs

Il y a de cela dix années, en avril 1999, le peuple algérien a décidé de m'honorer de sa confiance, et il m'a renouvelé ce mandat en avril 2004". "Je tiens à dire, encore une fois, ma profonde reconnaissance à ceux et à celles qui m'on fait cet honneur, dans le cadre de choix démocratiques, pluralistes et souverains.


 Mesdames, Messieurs,


    J’ai consacré mes premiers efforts à la restauration de la paix et à la promotion de la réconciliation nationale. Grâce à Dieu et grâce à la lucidité de notre peuple, la sécurité et la paix sont désormais très largement restaurées à travers le territoire national. Les mesures décrétées dans le cadre de la Concorde civile et renforcées par la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ont ouvert largement la porte à ceux qui ont décidé de revenir à la raison et réintégrer les rangs de leur peuple, dans la dignité et dans le respect de leurs droits de citoyens à part entière. Le courage et la détermination des forces de la sécurité, à leur tête l'Armée nationale populaire, permettront de vaincre la folie meurtrière de ceux qui persistent dans la voie de la violence et du crime.


     L'Algérie a ainsi, fait face à un défi encore plus audacieux, celui de la réconciliation nationale, de la réconciliation entre ses enfants, de la réconciliation des Algériens avec leur patrie l'Algérie.


      Le peuple algérien a su relever ce défi. Par deux fois, il a souverainement proclamé à une majorité écrasante, sa volonté de concorde et de réconciliation. Cette volonté nationale a triomphé des hésitations manifestées çà et là, et m'a permis de mettre en application cette politique de réconciliation, dans le cadre des attributions qui découlent du mandat que le peuple m'a confié.

      Les dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ont déjà connu une très large mise en œuvre, rétablissant la concorde dans les cœurs et écartant tout risque d'exclusion des familles éplorées par la tragédie nationale.

 Mesdames, Messieurs,


     Mon second souci a été de mettre un terme à l'isolement de l'Algérie sur la scène internationale, car, et nul ne peut le nier, notre pays était l'objet d'un embargo qui ne disait pas son nom.


     C'est ainsi que l'Algérie est redevenue dans le monde arabe un acteur engagé, écouté et consulté qui assume la totalité de ses devoirs, animé d'abord du souci de voir les droits de la nation arabe restaurés sur le terrain et de voir les rangs arabes surmonter les vicissitudes de mésententes et des divisions. Cette mission, l'Algérie la remplit avec la même conviction et la même volonté dans le cadre de la Oumma islamique.

      Tout le monde reconnaît le rôle prééminent de l'Algérie sur la scène africaine et sa solidarité active avec l'ensemble des pays africains. Elle joue un rôle dynamique au service du sursaut de notre continent, à travers l'Union africaine et dans le cadre du NEPAD.


    Nous sommes liés à l'Europe par un Traité d'association qui définit nos relations avec ce continent et a permis le développement dans tous les domaines de notre coopération. Cette relation s'est élargie à l'Union pour la Méditerranée dans laquelle nous continuerons à nous investir, sans remettre en cause nos principes et nos engagements, notamment pour la consécration des droits légitimes du peuple palestinien.

     Avec le reste du monde, l'Algérie œuvre à promouvoir ses droits économiques, et elle poursuit ses négociations en vue de son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce, dans des conditions favorables à notre développement national.

      Enfin, l'Algérie est un acteur dynamique dans tous les débats qui engagent l'ensemble de la communauté internationale et participe aux discussions se rapportant à une réforme souhaitée par tous du système des Nations unies.

Mesdames, Messieurs,


    Les priorités que je viens d'énoncer ne nous ont pas détournés de la tâche primordiale entre toutes de parachever la reconstruction de notre pays et de consolider les fondations et le fonctionnement de notre Etat.


      Durant dix années, nous avons mobilisé pleinement nos ressources publiques et encouragé l'investissement privé national et étranger dans tous les domaines. Nous avons ainsi enregistré un total de près de 250 milliards de dollars investis, dont près de 160 milliards de dollars d'investissements publics dans divers secteurs, et notamment pour la satisfaction des besoins socioéconomique de la population.

     Le taux de chômage qui culminait à près de 30% en 1999, a été divisé par trois durant les dix dernières années puisqu'il a été ramené à moins de 12%. De janvier 1999 à décembre dernier, notre pays a vu le recrutement de près de 3 millions et demi de personnes dans les administrations, les différents secteurs économiques y compris agricole, et les multiples chantiers ouverts à travers le pays. A cela, il y a lieu d'ajouter durant la même décennie, plus de 2 millions et demi d'emplois équivalents créés par les divers dispositifs de lutte contre le chômage.

      En ce qui concerne la satisfaction des besoins sociaux de la population, la décennie a connu un nombre considérable de réalisations dans les divers domaines du logement, des infrastructures sociales et universitaires, des infrastructures médicales et également en ce qui concerne l'extension des réseaux de distribution du gaz, de l'électricité et de l'eau potable. En ce qui concerne ce dernier point, je veux simplement rappeler la livraison, de 39 nouveaux barrages conjointement avec le démarrage effectif du programme de dessalement de l'eau de mer(*).

      Au plan économique, nous avons lancé un programme public imposant de développement qui, soutenu par l'investissement des entrepreneurs nationaux et étrangers, a garanti à notre pays, tout au long de la décennie, une croissance moyenne hors hydrocarbures de 5% environ, avec des pointes de plus de 6% ces deux dernières années. Ainsi, près de 120.000 nouvelles PME ont vu le jour durant les cinq dernières années.


     Cet effort de reconstruction nationale s'est accompagné d'un souci constant de libérer notre pays de la dépendance financière envers l'étranger, et d'assainir en même temps les finances publiques.


     L'endettement extérieur du pays a été ramené de plus de 29 milliards de dollars en 1999 à moins de 5 milliards de dollars actuellement, alors que la dette extérieure publique est inférieure à 500 millions de dollars. Parallèlement, nous avons pu accumuler des réserves de change qui totalisent aujourd'hui plus de 140 milliards de dollars et qui nous permettent de faire face à la crise économique internationale, avec prudence certes, mais aussi sans crainte pour la poursuite de nos efforts de développement.


     Nous avons toujours cherché à garantir la stabilité des capacités du budget public, ce qui se reflète aujourd'hui par une épargne de l'Etat de plus de 4.000 milliards de dinars dans le Fonds de régulation des recettes, alors que la dette publique intérieure a été ramenée de près de 1.800 milliards de dinars à près de 700 milliards de dinars aujourd’hui. Tout cela aidera notre pays à faire face aux années difficiles qui s'annoncent avec la baisse des recettes en provenance des hydrocarbures, lesquelles constituent encore la part dominante des recettes de l'Etat.

Mesdames, Messieurs,


    Chacun sait que l'avenir du pays ne saurait dépendre d'un seul homme ni des seules institutions de l'Etat, cet avenir doit être pris en charge par le peuple lui-même qui doit assurer l'ancrage du pays dans ses valeurs et dans ses choix fondamentaux, ainsi qu'une implication plus grande de la société dans la construction nationale, et faire prévaloir la volonté du peuple souverain dans la définition et dans la réalisation de notre avenir national.


     La révision de la Constitution, récemment adoptée à une écrasante majorité par le Parlement, s'inscrit dans le cet esprit. Aux choix cardinaux consignés dans la loi fondamentale, cette révision permet une consolidation plus marquée du lien de l'Algérie avec son histoire, une traduction plus concrète de la place de la femme dans notre pays, ainsi qu'une harmonie plus grande dans les rouages du pouvoir exécutif. Elle confirme enfin la souveraineté exclusive du peuple dans le choix de ses dirigeants.


Mesdames, Messieurs,


    A la veille des élections présidentielles qui se rapprochent, il était de mon devoir de rendre compte à la nation de l'usage que j'ai fait du mandat qu'elle m'a confié à deux reprises en 1999 et en 2004.


     Je pouvais, légitimement, considérer avoir accompli ma part au service de la patrie. En effet, j'ai eu l'honneur de contribuer à sa libération puis de la servir dans l'indépendance retrouvée, à des responsabilités importantes aux côtés de compagnons d'armes. J'ai eu, en outre, l'insigne honneur d'assumer la magistrature suprême durant toute une décennie, et dans des conditions quelquefois très difficiles.

     Des quatre coins du pays et de diverses couches de la population, des appels me parviennent me demandant de poursuivre cette mission.


      Cet appel m'honore évidemment et si j'en remercie sincèrement tous ceux qui s'y sont associés, je n'en mesure pas moins le poids et la difficulté de ce qui est attendu de moi.


            J’adresse aussi mes remerciements appuyés aux partis de l'alliance présidentielle, aux organisations et aux associations patronales qui ont relayé cet appel et l'ont traduit en prise de position clairement énoncée.


     Chacun comprendra qu'il m'est difficile de rester sourd à un appel aussi pressant car je serais alors en contradiction avec le serment qui m'a définitivement lié aux plus chers de mes compagnons, les glorieux chouhada de la Révolution du 1er novembre 1954. Ce serait également une attitude difficile à assumer devant les moudjahidine encore en vie car nous appartenons à une génération qui croit toujours à la nécessité de concrétiser la plénitude du message du 1er novembre 1954. Ce serait aussi et surtout une attitude moralement pénible pour moi, envers le peuple qui m'a accordé sa confiance et son soutien à travers quatre suffrages universels, qu'il s'agisse des élections présidentielles de 1999 et de 2004 ou qu'il s’agisse du référendum sur la Concorde civile et la Réconciliation nationale.

    Voilà pourquoi, j'ai décidé, à la grâce de Dieu, de me présenter à l'élection présidentielle d'avril comme candidat indépendant. Ce faisant, j'aurais personnellement accompli mon devoir moral, laissant ainsi au peuple le soin de rendre souverainement et démocratiquement sa décision, à travers les élections d'avril prochain, dont la liberté et la transparence seront garanties.


Mesdames, Messieurs,


    Si je bénéficie encore une fois de la confiance de notre peuple, je me propose de poursuivre les efforts déjà entamés.


      Beaucoup de chemin a déjà été accompli par l'Algérie en une décennie sur la voie de redressement national. Mais le chemin qui reste à parcourir est encore long si nous voulons mettre définitivement le pays à l'abri des crises, et si nous voulons réellement garantir aux générations futures un développement et un bien-être à l'abri des événements.


     De surcroît, la conjoncture économique mondiale actuelle et ses conséquences dans diverses régions du monde, face à un ordre mondial déséquilibré et injuste, nous rappelle que notre avenir national ne sera que le résultat d'un effort réel et collectif, tout comme notre destin national ne sera que le fruit de notre volonté et de nos sacrifices.


     J'aurai, durant les semaines qui nous séparent du scrutin, l'occasion d'exposer de manière détaillée les voies et les moyens par lesquels je propose à la nation la poursuite et la consolidation de la voie entamée avec elle et pour elle depuis 1999.

     Je m’engage d’abord à poursuivre la promotion de la réconciliation nationale, de la réconciliation des Algériens avec eux-mêmes et avec leur patrie.


      Bien entendu, nous continuerons à faire face par tous nos moyens à la menace terroriste, mais la porte sera maintenue ouverte devant tout égaré qui saura se ressaisir.

     La promotion et la défense de la démocratie sont l'affaire de tous les acteurs politiques. Ce sont aussi l'affaire de chaque citoyen et de chaque citoyenne décidés à défendre leurs droits et leurs libertés, cependant qu'il reviendra aux institutions d'assumer leur rôle d'arbitre dans l'application et le respect des lois du pays.

     Notre démocratie sera renforcée par une plus grande ouverture en direction de la femme qui constitue la moitié du collège électoral. J’ai l’intention d’œuvrer à la concrétisation des nouvelles dispositions constitutionnelles relatives à la promotion de la place de la femme dans les assemblées élues.


    La loi sera mise à contribution pour franchir les premiers pas dans cette direction. Il reviendra ensuite aux femmes, par leur engagement, leur présence, et même par la force de leurs voix, de consolider elles-mêmes leur place sur la scène politique, pour faire bénéficier l'Algérie de tout leur apport.


     La réconciliation des Algériens avec eux-mêmes et avec leur patrie aura également à s'appuyer sur notre identité et notre authenticité. C’est pourquoi, après avoir investi mes efforts dans la promotion des trois composantes de l'identité nationale, j’entends poursuivre ces efforts. La révision constitutionnelle attribue un devoir supplémentaire à l'Etat, celui de promouvoir l'écriture de l'histoire nationale et son enseignement à nos jeunes générations.


Mesdames, Messieurs,


     Mon second engagement est relatif à la poursuite du processus de réformes de la gouvernance dans tous les domaines, ainsi qu'à la consolidation de l'autorité de la loi.


     Certes, des réformes structurelles ont été engagées dans divers secteurs, notamment celui de la justice.


      Malgré l'ampleur de la crise que nous avons vécue, l'autorité de l'Etat a été rétablie et sera renforcée. Mais le raffermissement de l'autorité de la loi est un défi nécessitant la contribution active de la société aujourd'hui victime de dérives que nous déplorons tous et pour lesquelles il faut des mesures énergiques.

Mesdames, Messieurs,


   Le troisième et dernier engagement que je tiens à prendre devant le peuple dès ce jour, est relatif à la poursuite d'un effort intense de développement économique et social.      Pour la première fois depuis notre indépendance, l'Algérie peut aspirer à maintenir son élan de développement en dépit d'une crise économique mondiale sérieuse que nous ne pouvons ignorer. Nous ne pouvons nous permettre de nouveaux retards par rapport au reste du monde qui avance. Il est vital pour nous de valoriser au mieux nos moyens et nos atouts pour résorber nos déficits sociaux mais aussi pour construire une économie diversifiée, source de revenus additionnels à ceux des hydrocarbures.


      L'Etat mobilisera encore plus intensément ses ressources au service du développement du pays. J’envisage de porter cet engagement à l'équivalent de 150 milliards de dollars pendant les 5 prochaines années, en même temps, de poursuivre la mobilisation des investissements nationaux et étrangers.


      Nous poursuivons nos efforts pour faire reculer ou même éradiquer la crise du logement tout en renforçant, par des incitations diverses, le développement de la promotion immobilière et les capacités des citoyens à accéder à la propriété de leur propre demeure.


     Nous continuerons la bataille contre le chômage, grâce aux programmes d'investissement publics, à la promotion de l'investissement économique dans tous les domaines, ainsi qu'aux dispositifs publics d'aide à l'emploi. Ce faisant, nous pourrons envisager la création de trois millions d'emplois au cours des cinq prochaines années, dont la moitié par le biais des dispositifs d'emplois d'attente.

      Tout en maintenant le rythme de la construction d'écoles, de centres de formation professionnels et d'universités, nous poursuivrons la mise en application de la réforme et la modernisation de notre système national d'enseignement ainsi que la promotion de la recherche scientifique.


     Un effort important sera fourni dans le domaine de la santé publique par l'ouverture de nouveaux hôpitaux et autres infrastructures de santé, en même temps que nous parachèverons la réforme de la santé publique pour plus de transparence mais toujours au service des citoyens et d'abord des plus démunis.

    Nous maintiendrons la politique nationale de justice sociale et de solidarité nationale, tout en veillant à lutter contre les gaspillages, et à l'orienter davantage vers ses destinataires légitimes.


     Nous soutiendrons la relance du secteur économique public viable sur la base des règles du marché et de la compétition. Nous appuierons les capacités nationales d'investissement et de création de richesses véritables.


      Nous continuerons également à encourager l'investissement étranger dans notre pays, dans le respect des intérêts de l'économie nationale et sur la base d'un gain partagé.

      A ce titre, je tiens à indiquer clairement que dans l'esprit de nos réformes et de nos engagements économiques, et aussi, à la lumière des développements et des exemples que nous observons aujourd’hui dans le monde, j’entends veiller au renforcement du rôle régulateur de l'Etat dans le domaine économique, pour que la contribution des investissements nationaux et étrangers s'inscrive réellement au service du développement de notre pays et préserve les équilibres et l'avenir économique de l'Algérie.


Mesdames, Messieurs,


    J’aurai l’occasion de développer davantage à l'avenir les engagements que j’ai énoncés aujourd'hui devant vous, pour que le peuple sache sur quels fondements il m'accorderait ses suffrages si tel est son vœu, qu'il exprimera en toute liberté.

     J’invite mes compatriotes à une mobilisation nouvelle, non pas pour repousser une menace quelconque sur le pays, comme ils savent admirablement le faire, mais pour relever les défis de destin national, ceux d'une stabilité toujours plus forte et ceux d'un bien-être durable qui ne soit plus otage des cours du pétrole.


     J’entends m’adresser plus particulièrement à la jeunesse algérienne dans cet appel, l’invitant à renforcer sa confiance dans son pays où réside son avenir. 


    A ces jeunes, je veux dire ceci : l'Algérie vous offre ses moyens, et je mets personnellement à votre disposition ma volonté et mon soutien. En retour, l'Algérie attend de vous l'engagement de votre enthousiasme et vos énergies au service de la construction nationale.


Gloire à nos martyrs ! Vive l’Algérie !


Je vous remercie de votre aimable attention.   

 

 

 

Par houari - Publié dans : Politique
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 19:54

                                      «Pour une Algérie forte et sereine.»







          “ Le vrai patriote s’inquiète, non du poste qu’il doit occuper dans la patrie, mais du rang que la patrie doit atteindre parmi les nations. »

                                                                        [Jules-Paul TARDIVEL]



      
                                              


Baccalauréat français et brevet d’arabe à 18 ans, le jeune Abdelaziz Bouteflika poursuit des études en philosophie.  Il est secrétaire général régional de l'union Général des étudiants musulmans algériens (UGEMA).

On est au mois de mai 1956, le front de libération national (F.L.N.) décide d’une grève générale des étudiants.  L’armée de libération nationale (A.L.N.) demande à ces jeunes étudiants de rejoindre ses rangs.  Tout naturellement, le jeune Bouteflika rejoint l’A.L.N.  Une fois son instruction à l’école des cadres de l’A.L.N. de Dar-El-Kebdani terminée, il est affecté comme contrôleur pour la Wilaya V (Oranie) ; à la frontière algéro-marocaine. La wilaya V recrute beaucoup chez les jeunes lycéens et étudiants. Son colonel  est un certain M. Boukharrouba Mohamed Brahim; plus connu sous le nom de Houari Boumediene.  Ce dernier est conscient qu’une armée de libération, c’est aussi une organisation et une logistique stricte. Ce qui implique la nomination de contrôleurs instruits, qui savent lire, écrire et rédiger un rapport.  Car les chefs militaires comme politiques doivent savoir, aussi, être des pédagogues.


                                    

M. Bouteflika choisit le nom de guerre de « Abdelkader ». Déjà ses qualités d’orateur étaient reconnues, puisqu’il était chargé de prendre contact avec les populations rurales. Très vite, ses qualités de commandement et d’organisation le font remarquer et il fut appelé à travailler au sein de l'état-major avec le colonel Houari Boumediene, chef du PC d'Oujda où l’A.L.N. a établi son «commandement opérationnel de l'Ouest».
Il occupa les fonctions de secrétaire administratif au sein du poste de commandement de la Wilaya V. Puis, très rapidement, il sera affecté secrétaire particulier du colonel Houari Boumediene au PC de la Wilaya V, mais aussi au PC de l’état-major Ouest et au PC de l’état-major général (1960). On lui confie des missions politico-militaires de plus en plus délicates.

M. Boumediene s’installe à Ghardimaou, à la frontière tunisienne où se trouvent quatre-vingt pour cent de l’armée.  Promu capitaine, M. Bouteflika fera la navette entre Oujda et Ghardimaou.

A la fin de 1960 il est sur la frontière algéro-malienne, chargé, avec une poignée d’officiers pour permettre la formation d’une armée de libération au Sahara, à partir des frontières du Mali et du Niger, afin de contourner les nombreux barrages dressés par l’armée coloniale, et de tenter d’y acheminer des armes. Les premières armes seront données par le Président guinéen  Ahmed Sékou Touré.  De cette expédition, il gagna son surnom de « Abdelkader El-Mali » (Abdelkader le malien).

En 1961, une grave crise éclate au sein de la Révolution algérienne. L’Etat-major général, entre en conflit avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).

En février 1962, Bouteflika est chargé d'établir le contact avec les chefs historiques  détenus au château d’Aulnoy, en France.  Muni d’un passeport marocain, il réussit à prendre contact avec ses leaders.



En 1962, l’Algérie accède enfin à l’indépendance.
M. Bouteflika délaisse ses galons d’officier  pour faire ses débuts en politique. Il devient membre de la première Assemblée constitutionnelle et est élu en tant que député de Tlemcen aux premières et deuxièmes Assemblées législatives. Après la formation du premier gouvernement algérien sous la présidence de M. Ahmed Ben Bella, il devient le 23 septembre 1962, ministre de la jeunesse et du tourisme.




Au  congrès du FLN, le 23 avril 1964, il est nommé membre du Comité central et puis du bureau politique du FLN.

Après l’agression de M. Mohammed Khémisti – le chef de la diplomatie algérienne de l’époque - sur le perron de l’édifice du Palais Zighout Youcef le 11 avril 1963 et sa mort le 5 mai 1963, M. Bouteflika qui avait déjà fait des missions à l’étranger comme ministre des affaires étrangères par intérim le remplace à la tête de la diplomatie algérienne. Dès sa nomination en juin 1963, les médias internationaux le surnomment «le plus jeune ministre des Affaires étrangères du monde».





M. Abdelaziz Bouteflika est brillant.  Le poète et
président sénégalais M. Léopold Sédar Senghor, pourtant hostile à l’Algérie et à son régime politique, n’avait-il pas un jour dit : « J’aime beaucoup discuter avec M. Bouteflika, car c’est un plaisir de l’intelligence. » ?

Mais en plus de ses fonctions et de son talent de tribun, il se formera à l’expérience ; en s’occupant des dossiers les plus délicats. Une diplomatie basée sur le « compter sur soi » et à promouvoir les idées défendues par la révolution algérienne.

Dès lors, l'Algérie devint un pays phare, porte-parole du tiers monde et l'interlocuteur privilégié dans les rapports entre le Nord et le Sud. M. Amílcar Lopes Cabral, le fondateur du PAIGC (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert) n’avait-il pas qualifiée Alger de Mecque des révolutionnaires ?

Il dirigea, en 1963, la délégation interministérielle algérienne aux négociations franco- algériennes destinées à résoudre les problèmes administratifs, financiers et commerciaux datant d’avant l'indépendance. En 1967, il réussit à faire réduire la dette algérienne à la France  de 6 milliards de francs à 400 millions.

Aux Nations-Unies, il  dirigea la délégation algérienne aux sessions régulières et spéciales de l'Assemblée générale depuis 1963. Il dirigea également la délégation de l’Algérie à la cinquante-cinquième session du Conseil économique et social et aux deuxièmes et troisièmes sessions de la conférence des Nations-Unies du commerce et du développement (UNCTAD), à New Delhi (Inde) en 1968 et à Santiago (Chili) en 1973.

Il fut élu président de la première conférence des ministres des états membres du "groupe des 77 " tenu à Alger en octobre 1967 et où fut votée la Charte d’Alger. Ce "groupe des 77 " (mais qui est aujourd’hui représentée par plus de 130 pays) est une coalition des  pays en voie de développement, créée pour promouvoir les intérêts économiques collectifs de ses membres et d’essayer de créer une capacité de négociation accrue aux Nations-Unies. Il dirigea aussi la délégation algérienne à la deuxième conférence à Lima (Pérou) en octobre 1971.

Quant aux conférences des pays non-alignés - organisation internationale regroupant 118 États (15 États et 7 organisations internationales y ont le statut d'observateur) - il fut membre de la délégation algérienne au deuxième sommet des pays non-alignés tenu au Caire (Egypte) en 1964.  À la conférence des ministres des affaires étrangères des pays non-alignés tenue à Dar Es Salam (Tanzanie), il dirigea la délégation algérienne  et fut le Rapporteur Général de la conférence.

Il dirigea la délégation algérienne à la conférence des chefs d’état des pays non-alignés tenue à Lusaka (Zambie) en 1970 et à la conférence des ministres des pays non-alignés, tenue à New York (Etats-Unis) en 1971 et à Georgetown en 1972.

Il dirigea la délégation algérienne aux négociations de 1971 sur le règlement de la question de pétrole.

Il dirigea également la délégation algérienne à la conférence des ministres des affaires étrangères tenues à Kaboul (Afghanistan) en 1973.

Il fut président de la conférence des ministres des pays non-alignés chargé de préparer le quatrième sommet d'Alger en 1973 et membre de la délégation algérienne à la quatrième conférence des chefs d’état et du gouvernement.







À l’Organisation de l'unité africaine (OUA) – depuis
2002, elle a été dissous et remplacé par l'Union africaine (UA) ; son objectif reste la promotion de l'unité et de la solidarité des États africains et de faire acte de voix collective -, il fut le rapporteur de la première session du Conseil des Ministres tenu à Dakar (Sénégal) en avril 1963 et dirigea les délégations algériennes à toutes les sessions du Conseil des Ministres depuis l’établissement de l'organisation. Il fut président de la onzième session du Conseil des Ministres tenu à Alger en 1968.

Il fut membre de la délégation algérienne aux premières et deuxièmes conférences du sommet des états membres de la ligue arabe tenues au Caire et à Alexandrie (Egypte); chef de la délégation algérienne à la conférence des chefs d’état et des gouvernements d'état arabe tenus au Khartoum (Soudan) en 1967, et président de la conférence des ministres des affaires étrangères chargée de préparation pour la sixième conférence du sommet des chefs d’état et du  gouvernement tenus à Alger en 1973.

Il fut membre de la délégation algérienne aux premières et deuxièmes conférences au sommet des pays islamiques - une organisation intergouvernementale créée suite à l'incendie criminel de la mosquée Al-Aqsa d’Al-Quds le 21 août 1969 par un juif fanatique et où se réunirent plusieurs dirigeants de pays du monde islamique le 25 septembre 1969 à Rabat (Maroc). Aujourd’hui, elle regroupe quarante-cinq États membres -, tenus à Rabat (Maroc) en 1969 et à Lahore (Pakistan) 1974, chef de la délégation algérienne à la conférence des ministres des pays islamiques tenue à Benghazi (Lybie) en 1972 et à Kuala Lumpur (Malaisie) en 1974.



                                                 


En 1974, il fut
élu à l'unanimité président à la vingt-neuvième session de l'Assemblée générale de l’O.N.U. Il porta au pinacle la diplomatie algérienne.  Une diplomatie basée sur l’intransigeance stratégique et la souplesse tactique. Le 14 mai, l’O.N.U. reconnut l’O.L.P. comme représentant du peuple palestinien, par 105 contre 4. Puis, il réussit à faire venir « Abou Ammar » Yasser Arafat à l’enceinte même de l’O.N.U. ! Le leader palestinien fit un discours historique devant l’Assemblée générale des Nations-Unies ! L’O.L.P. sera même admise comme membre observateur à l’ONU[], faisant de Yasser Arafat le premier représentant d’une organisation non gouvernementale à participer à une session plénière de l’Assemblée générale de l’O.N.U.

Il contribua aussi, à faire exclure l’Afrique du Sud raciste des travaux de la commission économique de l’O.N.U. 

Ce n’était pas la première fois que l’Algérie réussissait à exclure un pays d’une instance internationale.  Elle l’avait déjà fait en obtenant l’exclusion du Portugal de M. António de Oliveira Salazar de l’O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé), de l’exclusion de l’Afrique du Sud de l’O.I.T. (Organisation Internationale du Travail), son retrait de l’O.A.A. (Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture), et de sa suspension du C.I.O. (Comité International Olympique)…

Ses succès diplomatiques agacèrent les plus grands ; comme M. Valéry Giscard d'Estaing, le Président de la République française, mais surtout M. Henry Kissinger, conseiller à la Défense nationale et  Secrétaire d'État des Etats-Unis.  Par contre, d’excellents rapports seront maintenus avec des personnalités sociaux-démocrates de l’Europe du Nord ; comme M. Olaf Palme, le Premier Ministre suédois, M. Bruno Kreisky, le Chancelier fédéral autrichien, ou M. Willy Brandt, le chancelier fédéral allemand ; entre autres.

A la mort du Président Boumediene le 30 décembre 1978, M. Bouteflika le compagnon de toujours prononcera l'oraison funèbre du défunt en des termes qui exprimèrent le sentiment profond de la nation et émurent des millions d'Algériens.

L’officier le plus ancien dans le grade le plus élevé, c’est-à-dire le colonel Chadli Bendjedid devint le nouveau Président de la République.  M. Bouteflika tomba alors de Charybde en Scylla. Il fut nommé ministre conseiller auprès du Président de la République. Puis, progressivement écarté du pouvoir et devient la cible du nouveau régime. Chiquet à chiquet, le régime instaura une « déboumedienisation » du pouvoir. Sa disgrâce est confirmée en 1982 et il fut contraint à l’exil.

Six années d’exil ! Il revint au pays.  Quelques mois plus tard, il y eut les regrettables « évènements d’octobre ».  Le 29 octobre 1988, avec dix-sept autres hommes politiques, ils lancèrent « l’appel du groupe des 18 ». Ces dix-huit personnalités revendiquèrent la tenue d’une conférence nationale, en vue de « tirer les leçons des journées tragiques d’octobre pour éviter de nouvelles épreuves et de promouvoir sans délai les réformes fondamentales que la situation exige et qui doivent déboucher sur l’instauration d’une vie démocratique permettant aux Algériens de choisir librement leurs représentants ».

Il prend part au congrès du FLN de 1989, et est élu membre du Comité central.

En 14 janvier 1992, une instance présidentielle transitoire - Haut Comité d'Etat - est mise en place après la démission du Président Chadli Bendjedid. Cette direction collégiale est placée sous la présidence de M. Mohamed Boudiaf. On propose à M. Bouteflika d’occuper le poste de ministre conseiller du Haut Conseil d’État, puis celui de représentant permanent de l’Algérie à l’ONU. Refus poli.

Le 14 octobre 1993 une commission du dialogue nationale est créée par le Haut Comité d’Etat. Suivi de la Conférence de consensus national en janvier 1994.  « La recherche d'une solution durable et réellement salvatrice est une œuvre de longue haleine qui demande une maturation et une élaboration qui ne sauraient être que le résultat d'une série de ruptures au plan politique, économique et social. Autant de tâches qu'il y a lieu d'engager. Une période de transition s'avère donc nécessaire pour engager ce processus afin de créer les conditions les plus favorables à la sortie de la crise, sur la base d'une plus grande cohésion politique et sociale à même de mobiliser de nouveau les énergies et aussi de mettre en œuvre les potentialités disponibles. Cette période de transition doit permettre à la société de produire les éléments d'une solution sûre et fiable afin d'assurer cette mutation au moindre coût. » [Plate-forme portant consensus national sur la période transitoire.]

Il est pressenti pour la magistrature suprême mais il refuse d’être un « trois-quarts » de Président.

Avec l’annonce du départ anticipé du Président Liamine Zéroual, M. Bouteflika prend la décision de se présenter en candidat indépendant à l’élection présidentielle anticipée d’avril 1999.

M. Abdelaziz Bouteflika sera élu Président de la République le 15 Avril 1999.




 

 

 

Par houari - Publié dans : Politique
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 22:57
Par houari
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